#2

Dans la ronde des âmes mortelles,
Une mésentente gronde,
Le corps ne pense pas ?
Le mépris ne va pas sans ignorance,
Cette défiance à l’égard de la chair,
– Complexité dérangeante,
Corps ; lac de signes,
Condamné au réquisitoire éternel,
Profanée la réalité ; sans pitié nous leur sommes,
Et l’âme, si frêle, couine dans un coin,
Et donc, la condamnation pris de vitesse l’élucidation,
« Ah, voilà la réalité !
Voilà qu’elle m’aveugle de vérités ! »

« Voici la vérité, comment ! peut-elle être si laide ?…
Non ! il se faut qu’elle n’appartienne à ce monde, la vérité est – ailleurs ! »

Ainsi le monde est changeant, méandreux, en proie aux déformations,
Ainsi alors se présente-t-il à la pensée de l’Homme :

Voici un monde sur lequel je ne peux poser ma pensée ; car il fluctue, car il devient et ne cesse de filer vers la corruption du non-permanent, sans identité et en constant décalage.

Tout cela est donc dégradé ! inconsistant ! à rejeter et mépriser !…
Mais, moi, là ? Ne suis-je donc pas à mépriser aussi ? Voilà que j’en souffre !
Ah… Un énième élément en déclin sur la pente du destin !
Ne suis-je pas un Dieu car je peux penser ?
N’est-ce pas ma raison l’arme de mon âme ? Contre mon corps je guerroierai !

Le corps est cette pseudo-réalité dont l’être est l’évanescence ;

Les sens, ennemis de la raison…
L’essence, un projet divin !

Car ce corps honni persiste malgré son statut illusoire :

« Même les philosophes et les croyants qui dans leur logique ou dans leur piété avaient les raisons les plus convaincantes de tenir ce qui est corporel pour une illusion, et pour une illusion dépassée et révolue n’ont pu s’empêcher de reconnaître le fait stupide que leur corps n’avait pas disparu. »

L’être est une fiction vide.

Il n’y a pas d’autre réalité que ce changeant à partir duquel on crée, pour la lui opposer, une illusoire immutabilité :

L’Être est une fiction.

La raison est cause de notre falsification du témoignage des sens. Dans la mesure où les sens montrent le devenir, l’écoulement, le changement, ils ne mentent pas.

Le Corps, terra incognita, empreint du vécu, sourdement, s’empare de tes actes.

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