La Muse

 

Je l’ai tuée, ça y est !
On a plus besoin d’aimer.

On ressent pour la première fois
un besoin d’exister !

On cesse de larmoyer
pour mieux éprouver.

Plus rien pour nous guider.

Un instant comme un autre,
demain sera autre, j’ose !

Peut-être qu’un jour je regretterai,
ces paroles neutres et acoeur,
écœuré, quelque peu ? oui.

Pas du temps perdu non, mais,
de mon talent gâché,
à cause de la Muse naufragée !

Plus libre ?
certainement pas, bien moins.
prenez-la si vous voulez.

Moi, j’en veux plus de la Muse ;
avec sa majuscule, se croit reine,
de mon royaume ? trop sauvage !

Plus de griffe qu’il en existe.
J’ai rongé l’amour comme un trognon.

On y croira encore dans un siècle oui oui !
encore et toujours,
pour le plaisir de s’aveugler.

On ira se mentir dans le blanc des yeux
comme on se dit bonjour.

Vivre l’exclusivité d’un sentiment :
l’amour, c’est s’exclure du plus important.

Je l’ai vu partir, son fantôme,
et dés qu’elle fut imperceptible,
je l’oubliai aussitôt.

On pourra lire l’amour que j’ai eu et,
que j’ai perdu facilement,
comme on perd n’importe quoi.

Je délire plus,
je viens de renaître à chaque instant,
dans un état latent ; ayant bu son silence.

Je ne suis plus rien sur l’étang !
un crapaud affable, un regard gai,
sur une montagne de pensées futiles.

Sans m’inquiéter je les distille,
comme pour mieux m’en délaisser —

« Pas mort pour autant ! […] »

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