CHAPITRE DEUX

« Philippe Lejeune, critique littéraire. Pour lui l’autobiographie est un récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité. »

« Pardon ? faisant dissipé l’anomalie, glissa la jeune passante.
— Parlais-je les pensées hautes… ? Mes excuses. Il m’arrive de penser tout haut des choses basses ! en posant la paume de sa main sur un livre fermé.
— Sur votre moustache, du lait. »

Elle souriait légèrement, s’amusant de la drôlerie de cet homme sombre croyant être seul au monde. Rasko prit un ton affable et révéla :

« Je sais, ça me rappelle mon enfance. »

Soudain, il fut frappé de plusieurs images provenant de l’esprit de la jeune femme… la nostalgie gagnait du terrain. Les vacances avec la famille, un premier baiser flou, sous un chêne. Clichés après clichés, que du cliché. Une vie écrite sur un papier banal et mal recyclé et même pas une flamme pour tout brûler. On sentait que l’enfance faisait revenir fantômes et fantasmes, Rasko en frissonnait.

« Ce chêne où vous avez découvert l’amour aux lèvres.
— Comment ? gênée, frappée à son tour par cette vive sentence.

Elle s’étonnait de voir ses pensées reprises à l’instant par un inconnu ; quelque chose de mystique s’empare d’elle. « Lit-il dans mon esprit ? Je deviens folle sûrement, ou bien c’est le hasard, ou bien c’est lui qui est fou. C’est un homme dangereux et malicieux. »

— Malicieux ? vraiment ? ai-je l’air de si mauvais augure ?

Cette fois, un frisson lui vient. La jeune femme rougit. Ses yeux fixent la tâche de lait sur cette moustache.

— Vo…votre lai… moustache, du lait, partout.
— Oh merci, vous aviez l’air de vous y intéresser, on n’en dira pas autant de mes questions… ou de mes réponses. »

Elle se sentait nue, devant lui. Sans le savoir il ruisselait dans son esprit à la recherche d’un souvenir ou d’un rêve avorté. Il voulait comme s’en emparer et s’en abreuver, prendre ses douleurs et les emporter loin. Aussi loin que l’oubli.

CHAPITRE TROIS

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