CHAPITRE DIX

     Promptement, Rasko eut une Entente, il pressentit l’arrivée imminente du Grand Déambulateur. Un écrivain fou. Il écrit constamment des fragments de délires qu’il cultive dans sa petite grotte. Celui-ci était impossible à lire, on en vomissait du flux incessant de pensées dégobillées. « Le voici qui passe devant le couple de sans-abris, les saluant tout sourire. » Il y a des clochards sous le théâtre proche du Prophète, abrité dans l’une des quatre entrées ; ils sont amoureux, et semblent heureux.

Le bonheur c’est bien pour les sans-abris ! qu’ils s’en contentent ! puis, ils respectent, en ramassant les déchets devant le théâtre alors ils peuvent vivre. Ils sont propriétaires de ces portes !

« Trois, deux, un… »

En défonçant la porte, un jeune déstructurateur de la langue s’élança en direction de Rasko qui se détourna de la scène un instant.

Derrière lui se déroulait sur une quinzaine de mètres des feuilles remplies d’âneries, comme il sait si bien les cuisiner… tenant dans ses deux grosses mains velues bien onglées, une machine à écrire.

« Quel bon plat m’as-tu préparé ? demanda Rasko sur un ton affable.
– C’est imminent, c’est là maintenant ! en proie à de vives attaques cérébrales.

Il fit deux ou trois foulées pour arriver sur une chaise tremblotante sur le flanc droit de Rasko, près de la scène.

– Quoi donc ? posément, tentant de jouer sur son flux neuronal.
– Une fulgurance, là maintenant !
– Ne la laisse pas s’échapper, vite écris ! » en s’affolant, prêt à l’égorger.

Le voici qui explose son instrument sur le comptoir en éclatant cinq verres sur son passage ; il avait l’air en transe, le fou. Une aura mystique l’entoure… il se souvient de sa foulgurance. Le voici parti dans des terres mystiques à cueillir dans sa mémoire quelques fruits amers. « J’ai tout un tas de conneries à vomir ! », fit-il, empressé. Un clic, un clap de début ; voici la machine qui démarre ! il fit un gros mouvement grave comme s’il s’apprêtait à jouer du piano et se plongea dans une écriture rapide et sans bavure.

« Rasko, tu m’en diras des nouvelles et des pas mûres ! »

Soudain, une crise cardiaco-artistique. « Un oubli dans les termes ! » s’écria-t-il dans sa tête fumante comme un train, en un ralenti facial apocalyptique.

Tout l’édifice s’écroule et voici qu’un éclat électromagnétique bondit à un autre. Son cerveau tente de ramasser les morceaux et de rassembler les étincelles à l’aide de connecteurs illogiques. Tout un tas de codes se mettent en place selon une incohérence étrange : oui, il est schizophrène ; donc en pleine santé !

En pleine salle de réanimation, sa fulgurance réapprenait ses pulsations ; là-voici qui s’envol déjà, mais il la tire vers le bas ! il va l’écrire, il va la partager et la salir ! Il s’en fout, « quand faut vomir faut vomir ! » qu’on dit. « Je l’ai ! dans un bocal, enfermée à jamais » ses doigts ralentissent, son souffle s’abaisse. Son cerveau comme une soupape reprend ses airs, la tonalité s’adoucit. On sent le travail fait, la fulgurance projetée et réifiée qui deviendra un jour, l’on ne sait quoi…

« Peu importe ! je dois te la faire lire », qu’il asséna, fièrement :

 

CHAPITRE ONZE

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