CHAPITRE HUIT

     C’est ainsi qu’est son esprit. Puis vint le déclic. Pas très bavard à l’habitude mais Rasko faisait briser les habitudes — dans lesquelles on meurt lentement.

Il se propulse avec précision, enclenchant un bouton secret ; les yeux injectés d’adrénaline meurtrière, faisant vibrer sa courroie en latex. Les questions fusent dans son crâne de mort, avec un lot de consolation moindre, un moyen de locomotion cérébral usé et délabré. La maîtrise de lui-même lui échappe du bout des doigts. Finalement, il s’approche enfin. Voici qu’accouche son art.

« C’est comme un éclair, fit-il bassement.

Rasko se rapprocha pour écouter les murmures, ces oiseaux filants.

— Comme un éclair au chocolat, avec un tas de sucre.

Un diabétique de l’esprit, il devait se piquer régulièrement au ventre pour mieux digérer ses folies. Le crépuscule de sa raison s’amorçait comme une bombe à fragmentation.

— Flash, un flash. Des papillons hallucinogènes.
— Tu vois la vie en couleurs, n’est-ce pas ? dit Rasko avec excitation !
— Non, en dimensions. En épileption, perception caméléon.
— Tu es traversé, emprunté par divers démons.
— Ceux de minuits oui oui, les ténèbres. Il rit, en manquant d’éternuer.
— Vas-y éternue, c’est le pus qui sort.
— Le pus de l’esprit, touché par la foudre, l’irraison d’un trouble extra-cosmique.

Le voilà en plein délire, c’est le moment de ne plus écouter.

[…] Continuellement des fractures explosives.
— Soit. Dit sèchement Rasko, désaltérons-nous !
— J’ai traqué la vérité toute ma vie mon vieux et puis crois-moi ou non je l’ai mieux trouvé au fond d’un verre de vin !
— Cette vinasse, au fond… ça sent le fromage.
— Cette décorporation me fait fuir, j’ai toujours voulu fuir.
— C’est combien l’heure de psychanalyse ? Je me sens les narines freudiennes…
— Il voit tout et ne voit rien. Il est bloqué, paralysé, logé au fin fond d’une petite boite.
— La Singularité.
— Dieu oui !… Le Zénith.
— Psycholibérateur, quoique… dormir est très important.
— Tu me disais que les rêves sont vecteurs de…
— Moralité ? Enfin, étant amoral… mais oui, en société je le suis, enfin j’essaye.

Deux bières apparurent sur le comptoir, Rasko la but cul-sec. L’Irresponsable, qu’il se nommait, prenait quelques lampées.

— Les quatre-vingt quatorze métriques à parcourir pour rejoindre la Singularité.

Le voici qui repart en délires.

— Je te suis plus. Rasko manquait de s’enfuir.
— Je vocifère des stroboscopes…
— Vas vociférer plus loin. Quelques heures plus tôt et je te plantais sans hésiter.

Rasko le regarde avec un regard Raspoutinien. L’Irresponsable sourit.

— J’arpente, l’air est frais et agréable. Ce coin de planète me va comme un manteau.

S’attendrissant alors, il reprit sa chaise et les deux phisolophes s’asséyèrent.

— Un festin pour la paix.
— Quelle paix recherches-tu, Rasko ?

Il se gratta la tête et fit tomber une myriade de sables et autres morceaux de pensées.

— Celle de l’âme, enfin le silence… j’entends.
— J’entends bien ! Une prière, debout dans ce cimetière. L’Apocalypse.
— J’affronte le calme de dernière minute.

Un voteur vrombit à cet instant, Varpenir arrivait, un vrai vampire. Ses pensées à lui défilaient de manière médiocre et démesurée, la démence assumée. Dopamine, héroïne, cocaïne, une vraie merde. La Singularité lui il s’en fout, il ronge son propre esprit comme un rat hideux et odieux.

— Je vais m’enivrer ailleurs. Sois responsable et cache ton orgueil. »

 

CHAPITRE NEUF

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