CHAPITRE QUATRE

Dans son cerveau les calculs défilaient en étoiles filantes : la vitesse de la course, l’itinéraire le plus rapide et le nombre de gens à bousculer… tout en prenant soin de ne pas renverser de personnes âgées ou autres.

Tout ceci créait un embouteillage en lui qu’il balayait d’une pensée à l’autre comme des essuie-glaces de voiture. Tous les paramètres de la scène lui venaient comme un camion chargé de mauvais augures. Il devait le tuer, il le savait.

Sinon, le viol allait s’intensifier crescendo.

Arrivé dans une petite ruelle, Rasko, alors qu’il courait d’un zèle ridiculement héroïque, croisa le regard d’un chat qui l’observait d’un œil conscient. Le saluant pendant sa course il sentit comme l’appui de Dieu à travers l’iris du félin qui siégeait près d’une poubelle.

Rasko avait l’habitude de ces petites excursions nocturnes, mais ce soir-là tout ne s’est pas passé comme prévu, non le viol, mais la rencontre. Il y avait une chose que le jeune héros recherchait, bien plus précieuse que l’absolu et bien plus rare que l’inconnu.

Il ralentit sa marche, ses poumons se gonflent lentement : « pression artérielle basse, pensées bienveillantes » se répétait-il… « dont une pincée de haine » maculée de peur ; car la peur est toujours présente même si de l’avenir il voit l’arrivée.

Enlevant son chapeau… « Jim… arrête. »

Le violeur n’entendit pas.

Rasko bondit dans son dos et lui asséna un premier coup de couteau précisément dans l’épaule, afin de faire lâcher sa proie. Comme possédé, l’homme qui se nommait Jim, né en 1971, continua de l’autre bras sans même chercher à repousser Rasko.

De son long corps de presque deux mètres, Rasko sectionna le bras qu’il venait de rendre inopérant. Ce fut un cri, douloureux, plein de vie et non loin de là, de mort, qui s’échappa. Le chat réapparut, puis disparut.

« Jim, sans ce bras, tu ne joueras plus de piano. Tu as perdu en liberté ce soir car tu as laissé tes pulsions répandre leur venin, de ta propre inconscience…
— Qui t’es toi enfoiré ?… bredouilla-t-il, bourré qu’il était.
— Je suis le miroir de ton vice. Le châtiment est ta seule solution. J’ai revisité tous tes souvenirs. Le pardon je peux l’accorder mais tu es un danger. Je vais devoir…

Tout doucement, un son de souris se fit entendre. La femme allongée sur le sol reprenait connaissance avec peine.

— Il m’a… droguée, puis la ruelle… police ? » puis se recoucha dans un grand fracas.

Rasko renonça au meurtre et bondit à nouveau sur l’assassin, l’assommant du bout de sa canne. Face à lui une jeune femme pour la première fois il voyait. Le temps d’un instant… un silence l’assaillit.

CHAPITRE CINQ

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s