L’Ontologie de l’idiotie

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Transfiguration de Rubens

Essai philosophique
INTRODUCTION

***

Un idiot assume pleinement son irresponsabilité, sa naïveté profonde et métaphysique de la réalité. Il est sur une corde distordue, pendu au-dessus/dessous, peut-être par-delà ? — Observateur des contingences humaines, l’œil affable.

On imagine mal comment l’on peut vivre et incarner l’idiotie.

Être un idiot témoigne de la légèreté face à la tragédie du monde.

Ce n’est ni une fuite, ni une révolte, mais un état de conscience issu d’idiosyncrasies complexes ayant abouties à « l’être-idiot ».

Pourquoi ne pas imaginer… que ce sont eux, les véritables tenants de l’histoire ? Quoi ! la légèreté, la bouffonnerie et le sarcasme comme moteur de l’histoire ? certains en bondissent… d’autres rebondissent sur un pied, l’air idiot.

Il y eut de nombreuses figures de l’idiotie tout au long de l’histoire. Ce sera l’occasion d’en présenter quelques uns, me semblent-ils importants. On pourrait en citer des tonnes, mais l’un des premiers fut sûrement Jésus, ou celui de Dostoïevski : ce sont les mêmes à quelques détails près.

La question de cet essai sur l’idiotie écrit par un idiot sera de présenter avec de gros mots à quoi peut ressembler le mode d’existence de l’idiotie —
COMME PANACÉE FACE À LA TRAGÉDIE.

Lien vers le chapitre un

Qu’est-ce qu’être un idiot, au quotidien ?

C’est, il me semble¹, ayant l’expérience du sujet :
Être léger, à tel point que l’on ne supporte plus aucun poids.

Vous pouvez voir une autre définition de l’idiotie mais voici celle qui me séduit :

« La légèreté est la capacité à supporter un poids. »²
Qui d’autre que l’idiot pour revêtir du manteau de la légèreté ?

Dans « l’état d’esprit », l’idiot n’a pas grand soucis des choses : précisément de ce qui le concerne ou ce qui concerne les autres — des problématiques humaines.

Le Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich pourrait convenir à l’idiot.

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Les romantiques n’ont pas le monopole du regard sur l’horizon.

L’idiot lui aussi peut dévisager ce qui s’anime devant ses yeux, mais jamais d’une manière rude ou totalement désintéressée, seulement car il n’y comprend rien ou alors que ce n’est pas le moment de s’y attarder.

Il entend tout de travers, en sous-sol ou par-delà, toujours sujets à des sentiments obscurs dont il ignore l’éclaircissement. D’où le fait… qu’on le nomme idiot. À tort ?

Mais jamais il n’ira bâtir des chimères pour s’expliquer des phénomènes ou pour se convaincre d’un fait. Un idiot n’a que faire des grandes ou des petites questions !

Ce serait un grand progrès de la part de l’idiot, s’il se demande :
« Qu’est-ce qui importe ? » — car c’est la question qui gémit au fond de lui.

Il ne consent à la résoudre uniquement si on le force à s’adonner
« Aux jeux humains des grandes problématiques existentielles. »

— À savoir :
« Que dois-je faire de ma vie ?
Comment ramener du pain ?
Dois-je tuer mon époux ? »

On l’entend geindre, las : « Cela m’importe peu ! »

Pauvre d’esprit celui qui veut s’enquérir de lui pour une mission : l’idiot aura grand mal à la mener à bien. Pourtant, on peut compter sur l’idiot — seulement, il ne se sent pas concerné par ce qui importe une grande part de ses contemporains.

L’idiot a l’air d’un irresponsable, alors qu’il est aresponsable.

(Mais s’il y avait à nuancer ce propos, on pourrait souligner une chose importante ; l’idiotie n’est pas un concept fixe et je ne voudrais pas l’enterrer par une définition, mais sujet à diverses interprétations, ce que j’invite à chacun de faire.)

Redéfinir un concept, le faire vivre.
Comme le bon usage du verbe fait vivre la poésie.

Donc, il peut y avoir des idiots sensibles, concernés plus par le monde et les choses que par lui-même ; sans tout le poids de sa propre existence à gérer. Par exemple : — L’idiot hypersensible souffre du « syndrome de Jésus »³.

Nous pourrions rajouter plusieurs modes d’existences selon les idiosyncrasies particulières de chacun. Il doit exister une infinité de manière d’être-idiot, tous avec cette même racine qui est, pour moi, la légèreté.

Ici je réduirai le propos à moi-même, avec quelques notions que je considère comme universelle même si j’évite de tomber dans « le piège de l’universel. »

Un essai ne répond de rien.

1 : L’interprétation d’une chose revêt, avec nuance heureusement, du manteau démocratique ; mais il me semble qu’on ne peut réduire l’interprétation à l’égalité des opinions comme je réduis la démocratie à l’égalité des opinions…

2 : Cette citation est tirée de la voix de Olivier Ponton auteur de Nietzsche et la philosophie de la liberté.

3 : Le fait de souffrir de la souffrance de toute l’humanité.

Prochains chapitres :
La lourdeur humaine.
L’idiot face à l’homme.
L’idiot comme panacée face à la tragédie.
Est-il possible de simuler l’idiotie ?
L’idiot en est-il seulement conscient ?
Devenons-nous idiot du fait du caractère tragique de l’existence ?

2 réflexions sur “L’Ontologie de l’idiotie

    1. Tant mieux, cultivons la transparence ! « Il est fou de se montrer si nu devant les autres… », qu’ils se disent ! « moi j’ai mon masque, caché dans la masse », mais ils l’incarnent, la masse… Nous, on flotte, sans gravité, avec la légèreté de l’Idiotie ! Bienvenue.

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