Epictète : « Accepter son destin »

Épictète [55-135] — Accepter son destin

Qui, après une déconvenue, n’a jamais été tenté de murmurer :
« C’est le destin » ?

La déclaration, fatalement, ramène aux stoïciens.

L’un d’entre eux, Épictète, établit une distinction cardinale entre :
« Ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous ».

Ce qui est de notre ressort renvoie à l’usage des facultés de l’âme. Ce qui échappe à notre prise est ce qui a trait au corps, aux autres et aux événements extérieurs. Tout ce qui se produit ici-bas est fixé par le destin ou la providence, cette trame inflexible qui régit l’ordre du monde.

Dans son éthique, Épictète enjoint à se concentrer exclusivement sur ce qui dépend de nous. Il convient de discipliner nos actes ainsi nos impulsions, ces mouvements spontanés qui poussent vers telle action. Pris par l’élan, il faut agir avec une « clause de réserve », c’est-à-dire en prévoyant les obstacles susceptibles d’être rencontrés et en ayant en tête la possibilité de l’échec.

Dans ses Entretiens, Épictète prend l’exemple d’un athlète qui souhaite concourir aux jeux Olympiques : il doit prendre conscience des efforts que ce défi implique et réaliser qu’il peut être vaincu le jour J. Le deuxième volet de l’éthique d’Épictète est la soumission sereine au destin, même s’il contrarie nos plans :

« Ne cherche pas à faire que les événements arrivent comme tu le veux, mais veuille les événements comme ils arrivent » (Manuel).

Même si la physique stoïcienne n’est plus la nôtre, la maxime peut être transposée. Alors on dira de l’échec qu’il est le verdict du réel et qu’il s’agit de l’accepter, au lieu de se plaindre d’un monde si injuste. Pas d’auto-victimisation, donc, mais pas de culpabilisation non plus : les déboires peuvent avoir des raisons excédant mes pouvoirs – un mauvais sujet tombe, et je rate un examen pourtant bien préparé.

Circonstanciel, l’échec doit plutôt amener à (ré)affirmer ses intentions, qui seules comptent. Tout sauf une résignation fataliste, en somme.

5 réflexions sur “Epictète : « Accepter son destin »

      1. Je ne lis pas que des classiques académiques. Si vous m’aviez bien lue vous l’auriez su. c’est fou cette vanité du pseudo-cancre qui dénigre l’école et tout ses tâcherons qui de leur côté voient tous les jours des mômes de 13 ans incapables d’ecrire sur une ligne et qui sont mal barrés…Ce sont pourtant ces tâcherons là qui se crèvent à faire quelque chose et pas la société.
        Je vous abandonne-là.

        Aimé par 1 personne

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