CHAPITRE XVII

Un rêve avant le sabordage
***

 

Zarathoustra fit un rêve. Comme nul autre auparavant.

Il sillonnait dans les tréfonds de ses espérances fantasmiques, voguant comme sur des méandres sa carcasse illuminée d’elle-même par la magie onirique.

Ce qu’il y avait d’extra-ordinaire dans celui-ci, c’est qu’il écrivit un roman dans lequel le protagoniste rêvait d’avoir une fille, espérait devenir père…

Se relevant doucement, le rêveur indicible reprenait calmement conscience de son environnement. Les effets de la toxine vociféraient dans son esprit déchaîné par une multitude de nouvelles questions et de mauvaises réponses.

« Hé ! dis Toxic ! surgit-il, comme d’une mort.
– Enfin réveillé ! cela fait plus de trois jours que tu dors comme un enfant.
– J’ai rêvé de toi ! enfin je crois. J’ai rêvé d’un homme… qui rêvait d’être père et qui… le devint, impromptu ! par la force des événements. Trois jours j’ai rêvé sans m’arrêter ! d’une traite et sans arrivée !… mais j’en ai perdu la plupart des grands traits » dit-il en frottant ses yeux de nouveau-né.

La petite hypersensible s’approcha doucement et glissa comme par une fenêtre en pleine bourrasque de vent : « Désolée… mon venin t’a fait perdre mémoire… »

Comme d’un élan étrange il se leva du lit façonné de sa marque, prit Toxic dans ses bras, sans sourciller, sans même savoir ce qui lui fit céder cette affectivité.

« – Je préfère les rêves réifiés ! Je n’accorde aucune valeur à ces fantasmagories nées de nos plus profonds désirs. Les rêves, j’entends, c’est ce qui nous permet de mourir et de renaître ! Aujourd’hui, autre je suis ! »

Lui prenant la main, la gamine le conduisit d’une salle à l’autre, en prenant le temps de laisser le temps à Zarathoustra d’observer les moindres détails de chaque pièce. On y voyait des constructions arithmétiques sur des longs tableaux sans fins, des maquettes de créatures fantastiques ; non loin de celles-ci, un gigantesque ouvrage sur la génétique surplombait tous les autres.

Le lionceau affable s’étonnait de tous ces objets étranges qu’il peinait à déterminer par sa science.

Dans l’encolure d’une salle, ils s’arrêtèrent.

« La salle des armements. Je n’aurai besoin que d’un seul explosif à tenir dans le creux d’une main, à coller comme un chewing-gum sur n’importe quelle surface. Ce pont, je compte bien le dynamiter. Que tu m’en empêches ou non !
– Réduis-le à néant ! quel surhumain avons-nous besoin ! Que d’hommes fiers pour nos lendemains ! »

 

CHAPITRE XVIII

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