On est ce que l’on perd

      Rarement je fais dans l’amour, dans le guimauve…
            L’amour est silencieux quand il ne brûle pas.

                  Faut être malhonnête, pour être convaincant.
            J’ai jamais pu convaincre avec mon amour.

– Toute façon personne s’écoute !
      On s’étonne d’avoir une armée en déroute.

      « On vole, on pille, on saccage » devrait être inscrits
            sur tous les frontons, et les épitaphes:
                  « Est enterré ici un voleur parmi les voleurs. »

      L’objet convoité : la valeur d’une chose, qu’un autre s’approprie.
On lui veut sa noblesse d’âme, on lui en veut de l’avoir et non soi; de la voir extérieure à soi, – comme lorsqu’on lit un écrivain dire mieux l’amour que soi.
                  On est blessé, on se sent bas…

            Je veux la folie du poète !

      Le fou vit une lente agonie;
– c’est comme être déjà mort, car il a même abandonné la mort.

      Il danse, il rote à la noblesse.
            C’est un crasseux, un pestiféré… Mais.

      Le fou est poète.
   Le poète le sait.

   Sensibilité déliée
      en rêve prolongé
         forme une unité.

      Remplacer
   cette insomnie intercalaire,
         à stagner,
      dévisager la vie.

   Aux confins de soi
gît le corps
      éventré
de l’enfance,
   et le silence
vient avec,
   repeindre d’échecs
      le berceau délaissé.

      La folie fait tout perdre,
   de même la mort;
une seule chaussure,
   mais on apprend à sautiller,
      sur un pied,
sur le sens d’une dernière pensée.

                  Perdre le souvenir de la mort
      fait naître des étoiles dansantes.

                  Le fou a l’idiotie du devenir
      entre ses mains sales d’enfant.

         Les dualités se donnent la main,
            dans un parc à jeux;
      à réinventer chaque instant
            une manière de jouir du réel:
                  un jeu d’enfant.

            Le fou est un héros,
   qui combat son catalogue mémoriel,
            et se réjouit de l’essentiel.

      Il se penche sur lui-même;
   voit son pied,
se met à marcher,
   redécouvrant
      la pensée en mouvement,
   n’attendant plus le dénouement.

   Le fou est une étoile dansante,
                   muette.

      Dans un silence de comète,
   s’écrie pourtant le dernier vers:

« On est ce que l’on perd. »

7 réflexions sur “On est ce que l’on perd

    1. Bien vu ! Pardonnez ma timidité, j’osais pas trop répondre. Mais c’est marrant de voir que vous parlez de douceur, alors que iotop signale le tranchant, « le taillé dans le vif, incisif dans le mordant »… étrangement marrant.

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      1. « Le fou est poète.
        Le poète le sait.

        Sensibilité déliée, »

        « Perdre le souvenir de la mort
        fait naître des étoiles dansantes. »

        « Les dualités se donnent la main,
        dans un parc à jeux;
        à réinventer chaque instant,
        une manière de jouir du réel:
        un jeu d’enfant. »

        « Le fou est un héros,
        qui combat son catalogue mémoriel,
        et se réjouit de l’essentiel. »

        « Le fou est une étoile dansante,
        muette;
        dans un silence de comète, »

        Je ne perçois dans ces lignes que les démonstrations d’un caractère rêveur, inoffensif, incapable de faire le mal !
        Donc, a priori absoluent rien d’hostile et dangereux !!! Mais, n’étant pas familiarisé avec ces types de comportements « mordants, tranchants et taillés dans le vif » c’est donc avec un regard extérieur que je ressens les choses…
        Probablement que ce monsieur a davantage que moi d’idées sur la question, et que c’est lui-même qui est porteur d’un jugement plein de raison et de bon sens ?
        Toujours est-il que je me sens, malgré tout, apte à discerner une folie douce d’une folie furieuse !
        Cordialement.

        Aimé par 1 personne

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