Poeta Sive Puer

                        Je joue la vie,
ne trouvant rien d’autre
à faire d’elle;
la comprendre ou lui tirer
ses vérités,
j’en veux plus !

Qu’il a raison l’enfant !

Tout pour lui est propice au jeu.

Mais ce qu’il ne peut avoir,
— n’ayant pas été démoli par le langage humain;
c’est un partenaire.

Alors… il devient double, presque démoniaque.

Jusqu’à cette nuit d’insomnie que chacun connaît un jour;

Où nous devenons humain, trop humain.

Le poète n’est jamais très loin;
parcourant les âpres chemins,
à cultiver la chaux de son double défunt.

L’enfant est mort
pour faire naître le poète;
lui faire place,
donner tout son espace,
et… peut-être, qu’au bout du bout, le temps est retrouvé.

Reconquérir l’enfant
que nous sommes,
à toujours s’émerveiller des rêveries — solitaires,
désormais l’inverse, grâce à la poésie !

Voici le poète devient enfant,
sans jamais refaire l’erreur
de s’abandonner au monde des hommes,
— que l’on ne peut que refouler ou réfuter,
car impropre au jeu…

Le monde en fut pourtant un pour l’enfant !

Il l’a gardé comme dans une tour avec,
— pour le protéger des sales mains adultes,
un dragon : la peur du passé,
la peur de revoir son visage vierge d’enfant;
qui observe, sans juger ce que nous sommes.

Des humains parfaitement informes,
qui se cherchent et recherchent…
l’on ne sait quoi exactement, mais quelque chose;
— ça on en est certain !
Peut-être même que l’ignorance est le propre de l’homme,
et donc l’innocence !

Se lassant d’un jeu, créant un autre,
assaillit par un univers
d’images aux formes inachevées;
dormeur éveillé et rêveur lucide
à la fois;
voit devant soi
se lever un monde sans loi,
car les choses infinies trouvent un nom
sur un cœur aimant…

À donner l’exacte énergie
de l’imaginaire,
— le poète évoque.

Ce que l’enfant ne maîtrise pas encore…
« L’eau dormante » et non l’eau calme, tranquille ou immobile.

Va chercher dans l’ailleurs ou jadis,
le double ou la sorore;
par ses yeux où je me vois,
fait naître rêveries et métamorphoses,
dialogues et bourdonnements.

L’enfant a un pied
dans l’infini,
dont il vient.

Je songe… ça m’évoque :

« Je suis entier, dans l’adversité. »

Une réflexion sur “Poeta Sive Puer

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